GÉMEAUX (THÉÂTRE DES)


10 rue du Vieux Sextier

84000 - AVIGNON -

Nom de la salle : Salle du Dôme


à 22h30 : du 5 au 28 juillet - Relâches : 8, 15, 22 juillet

 

Réservations: +33 (0)9 87 78 05 58

  


Metteur en scène : Emmanuel Robert-Espalieu

Interprète(s) : Myriam Boyer, Prune Litchtlé, Guillaume Viry

Régisseur : Charles Degenève

Décor : Jean Michel Adam

Costumes : Camille Duflos

Diffusion : Céline Buet 0611561019

  

Le rideau s’ouvre sur la modeste cuisine de Louise, ouvrière dans une usine de parapluies : depuis quarante ans, son rôle consiste à enfiler des baleines sur des tiges en métal. Si elle passe la moitié de sa vie à l’usine et l’autre dans sa cuisine, cela ne l’empêche en rien d’avoir un regard aigu sur la société et le monde qui l’entoure.

Son fils, ancien lanceur de marteau devenu Youtubeur, suscite son incompréhension et la désespère. Influenceur dans le domaine du sport, vêtu d’un jogging rouge et de chaussures rouges, bref « sapé comme un feu rouge »,  il fait en réalité de l’argent sur la crédulité des autres. Il y a avec Internet et toutes ses déclinaisons ou subtilités un véritable fossé entre générations !

Louise décide de se présenter aux élections municipales, dans le but inavoué de reconquérir l’estime de son fils. Aidée en cela par son amie et collègue de travail, Jacqueline, dont le métier d’enfileuse consiste à enfiler les baleines sur les pointes. Avec son bon sens et son aptitude à l’écoute, elle propose une nouvelle façon de faire de la politique, loin des clichés et du charabia chers aux élus de tous bords. Son slogan est étonnant de simplicité : plus belle la ville ;  votez pour votre ville ! Et elle sait toucher les gens parce qu’elle les regarde en face, et fait le même travail qu’eux.

Remportera-t-elle les élections ? Changera-t-elle de vie ? Retrouvera-t-elle l’estime de son fils ? Ses ambitions ne la porteront-elle pas même au-delà de la politique stricto sensu ?


Dans cette comédie sociale, le parapluie, si l’on y réfléchit bien, est en réalité une riche métaphore : il symbolise le travail bien fait et le fruit d’une œuvre collective dans laquelle les tâches sont bien subdivisées ; la protection contre les intempéries ou plus largement les aléas de l’existence ; la nécessité d’en prendre soin, tout autant que des gens, pour bénéficier d’une protection durable ; Louise nous montre enfin qu’elle combat les difficultés de la vie à coups de parapluie, et qu’en bonne battante, elle en a toujours « sous le parapluie » de la même manière que certains en gardent sous le pied ! Qui aurait cru, d’un objet aussi simple ?


On rit beaucoup, on est ému par cette femme tendre, pleine d’humour, amoureuse du travail bien fait. Une belle leçon d’amour, d’humanité et de courage. On est encore d’autant plus touché quand l’on sait que Myriam Boyer, actrice prolifique à la si impressionnante carrière, est une ancienne ouvrière. Elle sait camper, avec le talent qu’on lui connaît, une Louise très vraie et très touchante.

Prune Lichtlé et Guillaume Viry, tous deux excellents, contribuent à faire de cette pièce écrite et mise en scène par Emmanuel Robert-Espalieu un grand moment de théâtre.


Signalons enfin que Myriam Boyer est la marraine du Théâtre des Gémeaux, nouveau lieu culturel sur Avignon, qui avec deux magnifiques salles, le Dôme et les Colonnes, ne présente pas moins de dix-neuf spectacles. Sa devise : « le théâtre est une tribune, une chaire ; il parle fort, il parle haut ; il a une mission nationale, sociale, humaine », selon les termes de l’auteur d’Hernani. Comme nous adhérons à ce propos !


Fabrice Glocker