OPTIMIST (THÉÂTRE L')


50 rue Guillaume Puy

84000 - Avignon

du 7 au 31 juillet - Relâches : 14, 21, 28 juillet


à 14h00


tel:+33 (0)4 90 31 82 89

Paroles, paroles, paroles, ...  En clin d’œil à la chanson, dans toutes les têtes à l'issue de cette présentation à la Presse, sur la scène idéale pour les recevoir le temps du Festival, les langues se délient, les éloges fusent : tout le monde a su apprécier à sa juste valeur.

 

La satisfaction est sur les visages de la troupe, régisseur inclus. Sans conteste, cette interprétation osée et téméraire, d'un personnage initialement  classique et masculin, à la "façon Grégoire Aubert », s’est tracée ce soir un avenir.


Comment ces trois femmes, qui nous ont transmis pendant plus d'une heure leur énergie positive à travers les rôles féminin/masculin de ce "Tartuffe », auraient-elles pu - on se le demande -, ne pas emporter l'adhésion ? Un brin de cirque - clown et magie -, de comédie musicale et de comedia del arte, quelques éléments de décor astucieux, des masques expressifs et des costumes en harmonie rose/mauve qui leur permettent de passer le plus aisément possible d'un personnage à l’autre - s'offrant de surcroît pour deux d’entre elles la fantaisie de jongler avec plusieurs rôles - : tous les ingrédients d’une recette parfaite, visant à satisfaire un public exigeant, sont là.

 

Nul besoin de s'étaler sur le synopsis de cette comédie de Molière, dont chacun/chacune connait le déroulement à double rebondissements. Sa renommée est telle que 3 "Tartuffe" sont même programmés dans cette édition du Festival, dont « celui » de Grégoire Aubert, en une version largement « croisée » pour laquelle il opta dès le départ.

Après quelques mois de tâtonnements, suivis d’une période d'abandon durant laquelle il se consacra à d'autres projets et réalisations, il le reprit et choisit de le faire interpréter par trois femmes. Un Tartuffe au féminin ! Voilà ce qu'il voulait : trois femmes, de caractère de surcroît, ayant des compétences théâtrales bien sûr, mais aussi lyriques et musicales.

 

Dès lors, bien qu'il sût que cette option ne faciliterait en rien le travail du metteur en scène qu'il était également, il ne put le concevoir autrement.


" A partir de là, le fil se déroula quasiment seul", dit-il.


L'évidence du choix lui apparut au fil de ses rencontres avec ses interprètes. Sophie Millon tout d'abord, dont le rôle fut pour ainsi dire écrit pour elle, du presque sur-mesure! Puis Theodora Carla et enfin Anaïs Khaizourane. De toute évidence, pour aucune d'entre elles il ne commit d'erreur ; ça fonctionne parfaitement! Grégoire Aubert réussit à constituer l’équipe de choc souhaitée dans laquelle pour une fois, le chiffre trois heurte d'autant moins qu'il n'en a que les apparences, le nombre de personnages étant en fait du double.


Le jeu de chaises musicales entre Sophie Millon et  Anaïs Khaizourane - car c'en est un! - fonctionne drôlement bien, au sens propre du terme "drôle". Dans ses visions, le scénariste a imaginé loin ! ...  Mais à aucun moment il ne s’est perdu en chemin. Pourtant, il aurait pu le faire maintes fois : dans les dialogues d'abord, en réinterprétant ce monument théâtral ; dans le montage ensuite, compte tenu de la complexité des changements de rôles et de leur polyvalence.


"Un metteur en scène qui fait son travail se doit toujours de laisser de la latitude à ses comédiens" poursuit-il, "tout en faisant bien sûr valoir ses choix et ses décisions."


On peut l'imaginer aisément, face à ces 3 "drôles de Dames" aux personnalités bien marquées, la tâche ne dut pas être toujours facile. Mais on peut penser aussi que chaque résidence put être l’occasion pour elles d’apporter une touche personnelle en même temps qu’elles se fondaient dans les personnages.

 

Trois femmes donc, pour autant de sensibilités et de manières de jouer, et pour une véritable performance menée de main de maître.


  

Dégustons de ces faits avec bonheur cette belle réussite, cette « partie de dames Tartuffe » tout juste lancée » . Et souhaitons-lui grand succès, c'est le mieux que l'on puisse faire.


Catherine Giraud


Production : #laCiedes100Têtes / Norbert Belloc

Diffusion : GIIslaine Seyer

Distribution : Sophie Millon, Anaïs Khaizourane, Theodora Carla

Adaptation dialogues et mise en scène Aubert Grégoire

Création lumières et régie: Nicolas Ferrari / Régie assurée pour cette représentation par Benjamin Civil

Costumes : Marie Pierre Callies